Tumulus : les ancêtres des pierres tombales

Tumulus de Bougon

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Les Tumulus sont des monuments mégalithiques datant de la période préhistorique. Les tumulus représentent ce qui fut une des premières formes de monuments funéraires. C’est en effet, l’ancêtre des pierres tombales que l’on connaît de nos jours, entreposées dans nos cimetières actuels. S’ils sont souvent associés à leurs cousins les dolmens, les tumulus quant à eux ne sont pas originaires des peuples celtes et sont présents partout dans le monde.

Des tumulus présents partout sur la planète

Le tumulus est formé d’un amas de terre mêlée à de la pierre qui recouvre une sépulture. D’après les historiens, le tumulus a été le monument funéraire de tous les peuples de l’antiquité et pas uniquement ceux des celtes auxquels ils sont souvent associés. C’est pour cela que ces constructions s’étendent sur tout le globe comme en Europe, en Allemagne ou encore en Espagne. Il s’avère même que des tumulus sont encore élevés de nos jours, en Algérie et au Maroc notamment. Sa forme, ses dimensions et la nature de la tombe qu’il protège sont variables selon les pays et les cultures qui y sont ancrées.

Du Néolithique à l’époque mérovingienne

Les plus anciens tumulus dateraient de la fin de l’époque néolithique et ont perduré jusqu’à l’époque mérovingienne. En effet, les restes trouvés à l’intérieur des tumulus, confirment que les structures ont traversé les âges (âge de pierre, âge de bronze et âge de fer) et ainsi soumis à différents rites funéraires selon chaque époque. Cependant, que ce soit pour des inhumations ou des crémations, les tumulus auraient servi à enterrer les défunts d’une même famille ou d’une même tribu.

La grandeur du tumulus pour attester de l’importance du défunt

Le tumulus n’a pas de forme prédéfinie, elle est variable selon les cultures, l’emplacement et l’importance du défunt. En effet, il a été constaté que la taille et notamment la longueur du tumulus visait à indiquer la grandeur ou même l’importance de la personne ou des personnes enterrées. Sa masse plus ou moins considérable pouvait également imposer le respect du lieu et démontrer un certain prestige de la communauté l’ayant érigé. 

De plus, le tumulus avait deux fonctions. Dans un premier temps, il servait a protéger la chambre funéraire et ensuite il servait de repère géographique. La tombe dissimulée par le tumulus abritait divers objets allant de simples ossements à une chambre funéraire ou même des chambres sépulcrales très élaborées construites en pierres sèches ou en dalles, par exemple.

photo koudiac/panoramio

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Crédit photo : Bertrand Rieger

Tumulus avec ou sans dolmens

Les tumulus avaient pour principale vocation de recouvrir les dolmens ou autres monuments funéraires afin de protéger les corps de la pluie et des carnassiers. Certains étant plus ou moins complexes, allant de salles composées en pierres disposées grossièrement à des sarcophages en pierre plates ou encore des chambres de pierre avec un ou plusieurs couloirs. Ces chambres funéraires pouvaient contenir une dizaine de squelettes. Il semblerait que les celtes utilisèrent ces lieux aussi bien pour la mise en terre à l’inhumation que pour la crémation.

Cependant certains tumulus ne surmontaient pas de dolmens. Les corps étaient donc déposés dans des cercueils conçus d’un tronc d’arbre fendu dont les deux moitiés étaient creusées. La partie du dessous étant amené à recevoir le corps, elle était donc moins creusée que celle du dessus. La seconde sorte de cercueil était constitué de madriers et de baguettes de bois. 

Des masses de terre en guise de construction 

Les tumulus sont formés de masses de terre importantes voire souvent très volumineuses. Alors une question se pose ; comment toute cette terre a pu être transportée puis amoncelée. Aussi, on peut se demander combien de personnes sont nécessaires pour construire ce type de structure ?

Dans son livre VII, l’historien Hérodote raconte qu’une armée entière fut essentielle pour verser de la terre sur le tombeau du général des Perses nommé Achéménide. Le fait de mettre de la terre sur le défunt fait une nette référence au rituel catholique qui consiste à jeter une pelletée de terre sur le cercueil au moment de l’inhumation du cercueil dans le caveau.