La nécropole Chah-e-Zindeh (9/20)

Ensemble de mausolées sur la nécropole Chah-e-Zindeh

Chah-e-Zindeh est une nécropole située au nord-est de Samarcande en Ouzbékistan. Elle est constituée de multiples mausolées dont les plus anciens datent du XIe siècle. Son nom signifie « le roi vivant » en persan. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco comme de nombreux monuments qui ont marqué l’Histoire.

La nécropole Chah-e-Zindeh dite nécropole du « Roi vivant » est un ensemble de sépultures construites entre la fin du XIVe siècle et la première partie du XVe siècle. Le nom de Roi vivant se réfère à une ancienne légende. Elle raconte comment un roi continue de régner après sa mort dans le royaume des morts.

En déambulant entre les mausolées se trouve une ruelle qui grimpe dans la colline d’Afrosyab (ancien nom de Samarcande) et qui auparavant menée aux portes de la ville antique. Le premier mausolée à être construit au bord de la rue fût celui de Qassim-ibn Abbas au XIe siècle. Missionnaire musulman et cousin du prophète Mahomet, il est arrivé en Sogdiane, une ancienne région dans l’histoire de l’Ouzbékistan, en 676 en même temps que la première vague de conquérants arabes. Il fût décapité pendant sa prière à Samarcande. Mais il se releva, prit sa tête sous le bras et s’enfuit vers un puit qui mena au paradis souterrain, dont il ressortit vivant à la fin des temps.

Son architecture

Les mausolées sont alignés le long d’une allée construite en pente. Trois portails voûtés structurent cette rue funéraire. Le premier grand portail d’entrée domine la route, un second se situe au sommet de l’escalier et un troisième est entre le complexe de Tuman Aqa et le sanctuaire du Saint où viennent se recueillir de nombreux pèlerins depuis les années 712. En 1220 Gengis Khan fit détruire toutes les habitations qui bordaient la colline ainsi que les tombeaux des personnages influents qui s’y trouvaient. Seul le tombeau du Saint ne fût pas détruit mais il s’écroula par la suite et fût reconstruit en 1335.

La décoration

Le plus impressionnant dans ce complexe est la qualité et la variété de ses décorations notamment au niveau de la céramique car c’est dans la salle à coupoles que l’on trouve les plus belles œuvres en céramique émaillées de l’Asie centrale et de l’art islamique. C’est au XIIe siècle qu’apparût en Asie Centrale les premiers décors en céramique. D’abord c’était de simples bandeaux décoratifs puis ils devinrent plus sophistiqués vers le XIVe siècle, avec des décors géométriques, floraux et calligraphiques. La couleur qui domine à Chah-e-Zindeh est le bleu qui est la couleur du deuil. On peut aussi voir sur les portes réalisées en 1404, une inscription qui dit « Portes du paradis ouvertes au peuple ».

L’ensemble du complexe 

Pour atteindre le complexe il faut d’abord gravir les marches de « l’escalier du paradis » ou « escalier des pécheurs » qui mènent au portail d’entrée construit en 1434 puis une allée de dalle qui est bordée par les mausolées. Tous ont été construits grâce au même plan ; portique décoré de céramique à l’entrée et dôme hémisphérique ou nervuré. Les édifices les plus anciens sont au sommet de la colline et les plus récents en bas.

À l’époque timouride durant le XIVe et XVe siècles, les familles nobles et les membres de la famille de Tamerlan se firent construire des mausolées près de celui de Qassim-ibn-Abbas. La croyance islamique voulait que la proximité avec le tombeau d’un Saint assure la protection du défunt dans l’au-delà.

Les autres mausolées du complexe

De nombreux mausolées sont construits sur l’ensemble de Chah-e-Zindeh. Tous datant entre 1350 à 1435. Certains abritent la dépouille des femmes de Tamerlan, d’autres des membres de sa famille comme sa deuxième sœur, sa nièce ou un de ses fils jusque-là inconnu. Sur le tombeau de sa nièce on peut y voir l’inscription suivante : « C’est une tombe où une précieuse perle a été perdue ». 

Parmi tous les mausolées il y a des mystères comme celui de Kazy Zadeh Roumi, construit entre 1420 à 1435. Le squelette qui a été découvert ne serait pas le sien mais celui d’une femme qui aurait pu être la nourrice de Tamerlan. Il s’agit du plus grand édifice de l’ensemble de Chah-e-Zindeh. 

Quant au mausolée octaédrique datant du XVe siècle, il n’abriterait aucun débris humain. Selon des hypothèses il peut s’agir d’un minaret mais son architecture n’apporte pas de preuves. Trois autres mausolées se succèdent le long de l’allée mais peu d’informations ont été dévoilés à leur sujet. 

L’endroit où a été décapité Qassim-ibn-Abbas

Le troisième accueille la dépouille de Tuman Aka la plus jeune épouse de Tamerlan. Il a été construit en 1404. Au centre se trouve une coupole bleue turquoise sur une base carrée. Surnommée « porte du paradis », le portail s’ouvre depuis plus de 600 ans sur le royaume de Qassim-ibn-Abbas. La salle en suivant est une salle de prière. C’est là où les croyants viennent écouter les prières de l’imam et c’est à cet emplacement qu’aurait été décapité Qassim-ibn-Abbas. On peut voir dans un des coins de la salle, derrière un grillage en bois, le tombeau de Qassim, datant du XIe siècle. On peut y lire : « Celui qui est mort en suivant Allah, n’est pas mort : en vérité il est en vie ». Au même endroit les archéologues ont aussi trouvé un puit de 18 mètres de profondeur qui pourrait être le puit qui mena au paradis souterrain qu’a emprunté Qassim-ibn-Abbas.