Le Panthéon(8/20)

Situé dans le 5e arrondissement de Paris, le Panthéon est un monument de style néo-classique. Prévu à l’origine au XVIIIe siècle pour être une église. Il aurait dû abriter la châsse de Sainte-Geneviève. Ce monument s’est vu changé de vocation. Aujourd’hui, il a pour but d’honorer de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France.

Au cœur du quartier latin, sur la montagne Sainte-Geneviève se dresse au centre de la place le célèbre monument. Il est notamment entouré de la mairie du 5e arrondissement, de l’église Saint-Etienne-du-Mont, de la bibliothèque Sainte-Geneviève et aussi de la faculté de droit. La rue Soufflot qui se trouve à l’arrière donne une perspective à la structure, menant jusqu’au jardin du Luxembourg. On y trouve les urnes de célèbres personnages de l’histoire française tel que Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Pierre et Marie Curie, Jean Moulin ou Émile Zola.

L’Histoire de son nom

Le nom du monument est inspiré du Panthéon de Rome qui date de l’Empire romain. Contrairement à celui de Paris il est dédié à la famille impériale et à plusieurs dieux ce qui lui aurait donné le nom de « Panthéon » qui signifie « de tous les dieux ». A l’imitation de ce monument, « Panthéon français » est le nom choisi pendant la Révolution pour désigner l’église de Sainte-Geneviève dans sa nouvelle fonction de mausolée. En 1791, un rapport proposait comme alternative « Portique », « Monument des grands Hommes », « Basilique nationale » ou encore « Cénotaphe ». Le nom Panthéon a plu car il faisait référence aux vertus romaines dans l’Antiquité. Cependant ce type de monument, panthéon-mausolée reste une invention italienne. Il se trouve qu’à cette période il existait déjà un bâtiment à Paris nommé Panthéon qui était un théâtre au Louvre. Mais qui fut remplacé en 1792 par le théâtre du Vaudeville.

Une église avant tout

Avant d’être le monument dédié aux grands Hommes de la République Française, le Panthéon était une église. C’est Louis XV qui décida de la reconstruction de l’église Sainte-Geneviève qui tombait en ruine au sommet de la Montagne Sainte-Geneviève. Il posa la première pierre en 1764. A la Révolution le monument a été dédié à la célébration de grands Hommes. Délaissé pendant plusieurs décennies, il est sorti de son sommeil le 19 mai 1981 quand le président Mitterrand a inauguré son premier mandat présidentiel par hommage à quelques hôtes de la nécropole nationale se situant dans le Panthéon ; Victor Schoelcher, Jean Jaurès et Jean Moulin.

Son architecture

L’architecture du monument ressemble à la façade du Panthéon de Rome construit au Ier siècle avant J-C, qui est surmonté d’un dôme et qui s’inspire du Tempietto de l’église San Pietro de Rome. Les différents dessins sur sa façade, ses décorations, les inscriptions et les symboles qui y figurent permettent de découvrir les étapes de la construction de la nation française. Ce monument est considéré comme un lieu de mémoire est géré par le Centre des monuments nationaux. Le projet architectural réalisé par Jacques-Germain Soufflot est une église à dôme en forme de croix grecque. Pour le réaliser il fait appel à plusieurs styles architecturaux. Il utilisa le style gothique pour la nef voûtée. Le style gréco-romain pour le fronton triangulaire et les colonnes corinthiennes. Enfin, les styles byzantin et classique ont été utilisés pour les différentes coupoles.

L’extérieur

C’est un bâtiment long de 110 mètres est large de 84 mètres. Sa façade principale est décorée d’un portique aux colonnes de style corinthien. Les colonnes sont surmontées d’un fronton triangulaire réalisé par l’artiste David d’Angers. Il représente la Patrie, se trouvant au centre, donnant la liberté et protégeant les sciences, à sa droite, qui sont représentées par des savants comme Berthollet, des philosophes (Voltaire) des écrivains (Pierre Corneille) et des artistes tel que Jacques-Louis-David. Et à la gauche de la Patrie se trouve l’Histoire représentée par des grands personnages de l’État et des étudiants de l’École polytechnique.

L’édifice est en forme de croix grecque et est couronné par un dôme d’une hauteur de 83 mètres. Le dôme extérieur est en pierre recouverte de bandes de plomb pour la stabilité nécessaire à un grand monument comme celui-ci face à des intempéries. Vu de dehors on pourrait penser que le lanterneau et la croix au sommet sont soutenus que par une seule coupole mais ce n’est pas le cas. En réalité 3 coupoles sont emboîtées les unes dans les autres d’où l’appellation « triple coupole ».

L’intérieur

A l’intérieur se trouve une autre coupole. Celle-ci est à caissons et ouverte au centre par une ouverture ronde. Cette coupole « basse » s’appuie sur la partie basse du tambour, au niveau de la colonnade extérieure qui soutient l’ensemble. Entre ces deux coupoles, extérieure et intérieure, se trouve une troisième coupole invisible pour les visiteurs. Elle soutient la lanterne de pierre qui pèse plus de cinq tonnes. Cette coupole intermédiaire est sur quatre arcs qui permettent de répartir la charge de la lanterne vers les piliers. Sur la face intérieure de cette coupole est peinte L’Apothéose de Sainte-Geneviève d’Antoine Gros. La peinture est visible par les jours laissés dans la coupole basse qui laissent aussi passer la lumière. Cette méthode de circulation de la lumière peut être comparable à celle adoptée par les prédécesseurs de Soufflot comme dans la coupole des Invalides de Paris.

On découvre au centre du bâtiment une vaste salle voûtée en forme circulaire. Juste sous le dôme se trouve une petite pièce centrale. Une crypte qui se situe sous le Panthéon couvre toute la surface de l’édifice. Elle est constituée de quatre galeries dont chacune d’entre elles est sous un bras de la nef. Cependant ce n’est pas une crypte à proprement parler car elle n’est pas vraiment enterrée. On peut le voir car des fenêtres en haut de chaque galerie s’ouvrent sur l’extérieur.

En créant ce temple de la nation française, Soufflot a répondu au vœu de Louis XV qui était de glorifier dignement la monarchie en la personne de Sainte-Geneviève, patronne de Paris, à laquelle été dédié l’édifice. A la Révolution, en 1791, le monument fut détourné de sa fonction initiale pour devenir un temple des grands Hommes. Au 18e siècle, il accueille, selon les régimes successifs du Gouvernement, une affectation soit religieuse, soit patriotique. Depuis 1885, la date de l’entrée de Victor Hugo au Panthéon, l’édifice est devenu le lieu où reposent les grands Hommes de la patrie. Le 1er juillet 2018 il a accueilli Simone Veil.