Le deuil : Comprendre pour mieux accepter

Selon notre appartenance religieuse, notre culture ou notre histoire personnelle, notre rapport à la mort n’aura pas la même résonance. La mort nous renvoie toujours à un sentiment de perte, d’impuissance et nous confronte au sens de l’existence et à notre propre finitude. Les circonstances de la mort, le type de lien qui nous unissait à la personne disparue mais aussi le moment ou elle surgit sont autant de conditions qui vont avoir un impact direct sur le degré de trauma et sur le processus de deuil. Le deuil dont l’origine étymologique est « dolus » (douleur en latin) nous plonge dans toute une palette de sentiments mêlés, de l’ordre de la tristesse, voire du désespoir en passant par le déni, la colère ou encore de la culpabilité.

Tout un processus, propre à chacun, fait d’étapes plus ou moins distinctes et de sentiments parfois confus et ambivalents. C’est cependant la reconnaissance de l’ensemble de ces émotions, de ces ressentis et sentiments, qui va permettre d’évoluer peu à peu vers l’acceptation et la reconstruction.

LES ÉTAPES DU DEUIL :

C’est Freud qui le premier évoque la notion de travail de deuil en 1914 dans « Mélancolia ». Élisabeth KÜBLER ROSS psychiatre et psychologue Américaine définit quant à elle pour la première fois en 1969 le deuil comme un processus psychologique correspondant à une succession d’étapes, à savoir :

  • Le déni
  • La colère
  • La négociation
  • La dépression
  • L’acception

Cette approche est cependant parfois décriée par certains chercheurs ou cliniciens qui la juge aujourd’hui incomplète, restrictive, voire approximative. Le deuil est en effet un processus complexe singulier et non linéaire. Cette approche a cependant le mérite de donner quelques points de repère et de permettre à la personne endeuillée de s’autoriser à éprouver puis à mettre des mots sur des émotions douloureuses et parfois difficilement compréhensibles. Les étapes du deuil sont :

  • La sidération.
  • La recherche et de fuite.
  • Le désespoir et de désorganisation.
  • L’acceptation et la reconstruction.

1. La phase de sidération : « Ce n’est pas possible ».

La personne reste incrédule devant la terrible nouvelle. Le choc peut susciter des réactions très diverses : sensation d’anesthésie émotionnelle ou d’engourdissement ou encore de flottement. Cependant les détails propres au moment de l’annonce resteront définitivement dans la mémoire.

2. La phase de recherche et de fuite « Mais où est-tu ? »

Les obsèques ont été organisées selon les volontés du disparu et la vie semble reprendre son cours mais la personne endeuillée est de plus en plus confrontée dans son quotidien à l’absence du défunt. Dans son comportement elle va osciller entre prise de distance et maintien du lien avec l’être disparu. Intellectuellement, la personne a bien compris que l’autre n’est plus, mais émotionnellement, elle a encore du mal à l’intégrer. La souffrance ressentie peut prendre la forme de la culpabilité, de la colère ou encore se noyer dans l’hyper activité.

3. La phase de désespoir et de désorganisation « Tu ne reviendras pas ».

C’est la prise de conscience du caractère irréversible de la perte. C’est une période très douloureuse marquée par un sentiment de perte d’intérêt pour le monde extérieur et par un profond désespoir. Elle se caractérise également par un manque de concentration, d’énergie et une focalisation sur la personne décédée. C’est l’étape la plus difficile mais elle est nécessaire car il s’ensuit un processus de cicatrisation.

4. L’acceptation et la reconstruction « J’accepte la perte et je retrouve le goût de vivre ».

C’est l’acceptation de l’irréversibilité de la disparition de l’être aimé. Il est désormais possible de se souvenir des bons moments, tout en intégrant les souvenirs plus douloureux. C’est la phase d’acceptation de la réalité et de la reprise du cours de la vie. La reconstruction passera par la recherche de solutions pour sortir de la peine mais aussi par la réouverture au monde et à l’altérité.

Pour le psychologue Américain G.KOLHRIESER, le deuil est « Un processus émotionnel vécu lors d’une rupture (Changement important) non désirée. Le travail de deuil vise à accepter la perte pour permettre de nouveaux attachements. Lorsque cela n’est pas possible nous allons vivre la solitude, un deuil difficile pouvant entraîner des troubles psychologiques (Dépression, violence, dépendance, conflits organisationnels).

« Un processus émotionnel vécu lors d’une rupture (Changement important) non désirée. Le travail de deuil vise à accepter la perte pour permettre de nouveaux attachements. »


Psychologue Américain G.KOLHRIESER

LE DEUIL SELON LE LIEN AVEC LA PERSONNE DISPARUE

Le deuil du conjoint :

Le deuil du conjoint est vécu comme une expérience violente. La solitude est soudaine et implacable, c’est un profond sentiment d’abandon qui s’impose. C’est en effet tout un fragment de l’identité qui se meurt. Le décès du conjoint affecte toute la vie dans son quotidien. C’est à la fois la sphère affective, psychologique, corporelle mais aussi matérielle qui est touchée. C’est seulement en revisitant tous les souvenirs, tous le parcours de vie commun dans tous ces aspect que le deuil sera rendu possible. « Il faut du souvenir pour permettre le survenir dans l’histoire à venir ». (E.LEVINAS).

Le deuil d’un enfant :

La mort d’un enfant constitue l’expérience la plus douloureuse et traumatique dans la vie d’un parent. C’est l’ordre naturel de la vie qui est remis en question. C’est le sens même de l’existence qui est laminé. Le deuil d’un enfant est un anéantissement fait d’un non-sens, d’incompréhension totale, d’impuissance mais aussi de culpabilité et ce, même si la responsabilité n’est pas engagée.

Le deuil d’un parent (à l’âge adulte) :

Le deuil d’un parent lorsque l’on est adulte apparaît comme le deuil le plus prévisible et logique. Il s’avère malgré tout un deuil douloureux et déstabilisant dans la mesure où il rompt des liens uniques et irremplaçables. Ce deuil brise le rempart qui nous protégeait symboliquement de notre propre mort.

Le deuil d’un ami :

Le deuil d’un ami proche est un ami proche est un deuil particulier, en effet, la personne endeuillée ne bénéficie pas de la sollicitude que reçoit la famille et de la solidarité dont elle fait souvent preuve. Un sentiment de profond désarroi, d’isolement et parfois d’injustice peut se manifester.