Crémation ou Inhumation ? Comment choisir.

La crémation :

Entre 2015 et 2018, la part des Français privilégiant la crémation est passée de 51 % à 63 %, selon un sondage Ipsos pour les Services funéraires de la Ville de Paris publié en octobre dernier. C’est un fait, les Français privilégient désormais la crémation à l’inhumation ; mais pour quelles raisons la crémation est-elle aussi plébiscitée ? Même pour l’enterrement d’un proche, 56 % des français interrogés dans le cadre de ce sondage opte pour une crémation contre 48 % trois ans plus tôt.  Nous pouvons parler de changement sociétal.

En suivant cette tendance, la crémation représentera un décès sur deux d’ici à 10 ans, selon l’Association française d’information funéraire. 

Pourquoi l’incinération devient-elle aussi populaire ?

Le développement de la crémation constitue la principale évolution des comportements funéraires de ces dernières décennies. Cette pratique apparaît en effet de plus en plus en phase avec les modes de vie contemporains :

  • Sur le plan matériel, elle permet d’éviter, pour ceux qui n’ont pas accès à une tombe existante, les frais parfois considérables d’achat d’une sépulture.
  • Sur le plan du souvenir, les vivants ne se sentant plus prioritairement membres d’une lignée, d’une filiation, trouvent dans la crémation le moyen d’exprimer leur autonomie. La vision individualiste de l’existence trouve sa matérialisation post mortem dans le choix de la crémation.

L’augmentation de la demande de crémations n’est donc pas prête de faiblir. Dans ce contexte, le SCF est attentif à tout ce que ce comportement funéraire peut générer comme traumatismes pour les familles qui le vivent.

Quel est l’impact écologique de la crémation ?

D’un point de vue écologique, nous pouvons reprocher à l’incinération le fait que brûler des cadavres, en ces temps de raréfaction des hydrocarbures et de déforestation, consomme des ressources énergétiques que l’homme utiliserait volontiers à autre chose, sans compter les émissions de gaz à effet de serre induites. Ainsi, en Inde, le rituel de la crémation brûle entre 50 et 60 millions d’arbres chaque année et envoie 8 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. De plus, le relargage dans l’environnement de produits toxiques aggrave cet impact, dont le plus commun est le mercure contenu dans les amalgames dentaires.

Pourquoi l’inhumation ?

L’inhumation est un rituel social qui permet aux proches d’entamer le processus du deuil. Quand la personne décédée est placée dans le cercueil, il est possible de lui rendre visite pour honorer sa mémoire, ou pour se réconforter. Les cimetières restent des lieux importants pour la population. Pour beaucoup, il est rassurant de savoir où se trouvent ceux que nous avons perdu ; c’est avoir l’impression qu’ils sont encore un peu là.

Ce choix repose souvent sur des appréciations très intimes. Bon nombre de personnes sont effrayées à l’idée du feu, de faire brûler un corps. Un corps humain, même mort, n’est pas un déchet. Même mort, le corps dit encore quelque chose de la personne qui l’habitait. Souvent, la peur de faire brûler le corps à 1 200 degrés pendant plus d’un ue heure, peut être un argument supplémentaire dans le choix de l’inhumation. La violence de la destruction immédiate d’un corps. Tout se passe « dans la foulée » du décès. Aussitôt mort, aussitôt mis dans le four, aussitôt réduit en cendre. L’opération de crémation n’est pas différée de quelques semaines ou de quelques mois et n’accompagne pas le lent processus de deuil. Tout ce qui fut aimé (le visage, le corps, les mains et le regard, les taches de rousseurs…), tout ce qui fit l’objet des soins les plus constants et les plus assidus, tout est, au sens propre, pulvérisé, réduit à l’anonymat d’un tas de cendre, et par conséquent…effrayant pour certaines personnes.

inhumation : le plus lourd impact écologique.

Le premier argument contre les méthodes classiques d’inhumation dénonce l’utilisation massive de bois pour la construction des cercueils. Pour chaque cercueil, 50kg de bois sont nécessaires. En tout, 100 000 stères de bois sont dédiés chaque année à la construction de cercueil. Ce qui équivaut à 1000 hectares de forêt rasés.

De plus, les traitements (Thanatopraxie) sont extrêmement chimiques. Une fois le corps enterré, ces substances sont libérées dans la nature. Avec la croissance de la population mondiale, et notamment la population urbaine, les cimetières sont saturés. Conséquence, on enterre les corps à une plus grande profondeur, à laquelle la quantité d’air pour la décomposition n’est pas suffisante. De cette décomposition hétérogène résulte la libération directement dans la terre de nombreuses substances toxiques produites naturellement par le corps.

Ainsi, 95% de la pollution est due à la décomposition des corps provient des grandes quantités de mercure présentes dans les alliages dentaires.

Enfin, si on prend en compte toutes les dépenses en énergie et en eau nécessaires à l’entretien d’un cimetière ainsi qu’à la construction et au transport d’un monument funéraire associé, l’inhumation apparaît comme la solution la plus lourde pour l’environnement.