Les rites funéraires les plus surprenants de l’histoire

Rites Funéraires

Un rite funéraire est un ensemble de gestes, de rites, de paroles et de danses pratiqués pour accompagner la mort d’un être humain afin de lui rendre le plus bel hommage lors d’une cérémonie. Les rituels funéraires seraient un des fondements du passage à la civilisation.

L’origine des rites

L’origine des rites semble relever de la religion mais l’évolution des temps voit de nouveaux types de rites et cérémonies émergées. La nature de l’hommage peut varier selon l’époque, le statut social du défunt, les croyances, les conditions du décès et selon les dernières volontés qui auraient été spécifiées précédemment. Grâce à des fouilles archéologiques et des études, l’histoire des différentes sociétés disparues et l’aire géographique ont pu être reconstituées. L’étude des rites funéraires a permis de comprendre les rapports entre les individus et leur mode de perception du monde. Les funérailles sont également l’occasion de moments en collectivité et de sociabilité qui marquent l’histoire d’un groupe. Les personnages riches et célèbres de l’époque, notamment, ont eu droit à des funérailles « exceptionnelles », mais tout le monde ne pouvait pas se payer de telles obsèques. 

Les étapes du rituel de passage

Le rite de passage se fait en trois étapes plus ou moins importantes, et plus ou moins marquées selon les époques et les civilisations. La première est la séparation de l’être cher concrétisée par le décès, le rite de vérification du décès et ensuite l’annonce du décès. Au Moyen-Âge, l’annonce du décès en ville se faisait par un crieur des morts et en campagne par un clocheteur.

Vient ensuite, l’étape de liminalité qui est en fait l’exposition du défunt et enfin l’ultime étape des rituels funéraires, la phase d’agrégation, repas de funérailles, qui survient après une période de deuil plus ou moins longue selon les époques et les appartenances religieuses.

Ces traditions associées aux obsèques ont une portée sociologique très importante. Encore de nos jours, on distingue différents rites funéraires en fonction de l’âge du défunt, de la cause du décès, de son statut social ainsi que de son entourage. De coutume plus le défunt est âgé plus il faut montrer des marques de respect envers lui.

Au Japon

Comme pour toutes les religions, il existe plusieurs courants pour le bouddhisme. Certains plus radicaux que d’autres comme le courant Shingon qui pratiquait un rituel funéraire étrange observé au pays du soleil levant.

Une vingtaine de moines bouddhistes ont été retrouvés momifiés entre le 12e et le 20e siècles. Dans le but de se rapprocher au plus près de Bouddha et atteindre l’Éveil, les moines devaient s’enterrer vivant dans un tombeau en pierre. Ce processus devait servir, selon eux, à éviter la putréfaction et à transformer les corps en véritables momies. Si seulement une vingtaine de corps ont été retrouvés, c’est simplement parce que la plupart du temps l’expérience était un échec. Dans ce cas, la tombe était définitivement scellée. Afin d’assécher leur corps de toute graisse, ils suivaient un régime drastique à base d’herbes, de graines, d’écorces ou encore d’aiguilles de pin.

Le moment choisi pour se mettre dans le tombeau

Lorsqu’ils estimaient que le moment était venu pour eux de s’enfermer dans leur tombeau, un tube de bambou était installé pour leur permettre de respirer avec une cloche qu’ils agitaient afin d’indiquer aux autres qu’ils étaient toujours en vie. Quand elle ne sonnait plus, les moines Sokushinbutsu fermaient complètement le tombeau avant de l’ouvrir 3 ans plus tard pour voir si le processus avait bien fonctionné ou non. Dans les rares cas où le corps était momifié, le défunt était vénéré dans des temples à l’image du Bouddha. Cette pratique est aujourd’hui interdite au Japon mais intrigue encore les scientifiques avec la méthode de conservation qui permet de garder tous les organes.

En Afrique, chez les Luo

Quant au peuple Luo, il pratiquait un rite très étonnant et impressionnant lors du décès d’un adulte. La cérémonie appelée « tero buru » signifie “emmener les cendres” dans le  langage Luo. Durant ce rite, les femmes s’enduisaient le corps avec les cendres d’un feu de camp. Cette action était significative pour accompagner le passage du défunt à la mort. 

De plus, ce rituel peut paraître d’autant plus violent par le fait que lors de l’enterrement d’un homme adulte, les hommes présents lors des funérailles traversaient le village à dos de taureau et en habit traditionnel de guerrier. Les femmes quant à elles exécutaient des danses censées emporter les mauvais esprits.

En Chine

En Chine, les rites et les traditions tendent à disparaître. Concernant la mort, les funérailles et les rites sont balayés petit à petit par le régime communiste. Rares sont les villages ou provinces éloignées où l’on voit encore ces traditions perdurer. Dans la société chinoise, les obsèques et la sépulture du défunt ont toujours été une question prise au sérieux car les Chinois estiment que si l’on ne prend pas soin de célébrer les funérailles dignement, la famille du défunt peut porter malchance à l’avenir.

Le déroulement des funérailles

Pendant la veillée funèbre, un moine taoïste ou bouddhiste chantait souvent des versets. Selon les croyances traditionnelles, l’âme du mort affrontait des épreuves et des tortures comme la purification des péchés durant sa vie. Les prières et les chants sacrés aideraient donc le passage de l’âme du défunt vers le ciel. L’accompagnement instrumental lors de la cérémonie se faisait à la flûte, à la trompette ou au gong.

Une fois les prières et chants sacrés terminés, les cris des pleureuses atteignaient leur maximum et venait le moment de sceller le cercueil. Après être sorti du domicile du défunt le cercueil était placé sur le bord de la route permettant aux voisins et à tous de venir adresser une prière ou un message sur un papier destiné au défunt. À la suite de cela, la procession funéraire se mettait en route, les membres de la famille suivaient selon la place de chacun dans la fratrie.

Une fois conduit au cimetière et placé dans la tombe, le cercueil se faisait recouvrir entièrement de poignée de terre jetée par la famille du défunt. Tous les vêtements portés ce jour étaient incinérés de peur de porter malchance dans les jours à venir.

Venait ensuite la période du deuil pour les membres de la famille qui durait environ une centaine de jours. Chacun portait un bout de tissu de couleurs pour signifier le deuil. Sous le régime communiste chinois des années 40, les traditions funéraires ont été interdites et la crémation a été exigée pour tous. C’est pourquoi les traditions funéraires se sont perdues.

Tout comme chez les humains, des comportements évoquant des rites funéraires ont été observés chez les animaux tels que les éléphants, les gorilles ou encore chez les hippopotames.